Le concept le plus élémentaire dans toute éthique(14) est l'observance stricte des lignes directes de la haute morale, dansses dimensions universelles. C'est pour le Prophète, le devoir sublimede propager la vertu, d'ordonner le bien et de décommander le mal.Tout apostolat, tendant à cultiver la foi, exige de son promoteurun zèle exceptionnel dans la pratique de cette foi éthique,exigeant une abnégation et une générosité toutehumaine sans faille, une propension à aimer, à serviretrapprocher les coeurs, dans un élan dégagé de toutégoïsme, c'est l'altruisme pur. Les messagers de Dieu, dansleur procession initiatique à travers les âges, en ont donnéle plus bel exemple dans l'échelle des valeurs. Ils ont étéles modèles de la perfection quoiqu'humainement relative, àson degré le plus élevé. De ce point de vue, unanimementadmis dans l'éthique canonique, les apôtres acquièrentun privilège ou une prérogative qui les imprègne d'unecertaine immunité. Pour l'islam, cette immunité, n'est guèretotale, elle ne s'identifie guère à l'infaillibilitéqui est un attribut divin, car elle est absolue et totale. N'empêcheque ce dogme de l'infaillibilité pontificale a étéproclamé en 1870, selon lequel le Pape ne peut se tromper " quandil tranche ex cathedra une question de foi ou de moeurs." L'envoyéd'Allah Mohammed, fit remarquer qu'il pouvait toujours se tromper,en tant qu'être humain " dans le domaine non révélé". Renan a su développer dans son ouvrage sur 'Jésus', lathèse chrétienne qui n'a prévalu que plus d'un millierd'années après Jésus, et qui fait un départnet entre le temporel et le spirituel, en résumant le célèbredicton: " Rendez à César, ce qui est à César,et à Dieu, ce qui est à Dieu ". Cette thèse qui afini par constituer la base fondamentale de la pensée occidentalo-chrétienne,a été formulée, depuis près de quatorze siècles,par le Prophète Mohammed qui disait d'après une traditionauthentique: " Je ne suis qu'un homme ".
L'Evangile, dans sa version élaborée par Luc, renie pourtantl'immunité des prophètes et taxe certains, parmi les grandsapôtres, de graves péchés. Le livre de la Genèse(Chap. 38, page.128) accuse Juda, fils de Jacob, d'adultèreavec l'épouse de son fils, qui engendra " Ffirid ", un des aïeuxde David, Salomon et Jésus (selon l'Evangile de Mathieu, chap. 1).David lui-même, messager vénéré, aurait eu (d'aprèsle livre de Samuel, chap. 11) des rapports sexuels avec " Ouriya ", l'épousede son commandant d'armée qu'il massacre, dit-on, pour s'appropriersa compagne. Pire encore, la proclamation, par les " Livres des Rois "(15) (Chap. 11) de l'apostasie de Salomon, fils de David, qui fit " bâtir" le Temple de Jérusalem. Cette accusation gratuite serait-ellemotivée par l'origine non hébraïque de Salomon, commenous l'avons démontré ? Une des marques de l'immunitéprophétique est la haute tenue morale des Envoyés de Dieu.Ils se réfèrent à Dieu comme l'Initiateur exclusif,la source unique et péremptoire de toute émanation ou inspiration.Ils ne s'arrogent nul pouvoir dans l'activation des choses. La répliquede Jésus à son Seigneur était des plus policéeset quand Dieu lui demanda s'il a vraiment osé dire aux gens de l'adorer,elle, la Sainte Marie sa mère, il ne chercha guère àse disculper et se contenta de répondre: " si je l'avais dit, Tul'aurais su" Parlant de Moïse, à son arrivée àMédiane, exténué par la longue marche et la faim,le Coran dépeint son doigté idéal, quand il invoquaDieu, évitant une sollicitation directe en disant " 0 mon Dieu,j'ai besoin servile de tout bien dont Tu daignes me pourvoir ". La terrea été déployée- dit le Prophète Mohammed-devant mon regard, le lendemain de l'Ascension Nocturne; ses continentsfurent présents à mes yeux ". Il ne s'est point attribuéune vision directe, sans l'aide de Dieu. Jésus, Moïse, et Mohammedse sont, donc, montrés par cet humble geste, dignes d'une stricteaccommodation aux subtiles exigences présentielles, c'est-à-direde la Présence divine. Dieu rapporte aussi, dans le Coran que Jacobs'écria, en éprouvant une souffrance physique intense: "0 mon Dieu Le mal m'a éprouvé et tu es le plus Clémentparmi les cléments ". Jacob s'est avéré conscientdes convenances de la Présence. Aïcha, épouse du Prophètea qualifié les caractères mohammadiens de sublimes, de coraniques,fine allusion aux qualifications divines 'relativisées'. Douéed'une délicate pudeur, elle n'osa point se permettre de qualifierde divines les attributions caractérielles du Prophète. Elles'est cachée derrière le voile coranique, pour se déroberdes splendeurs embrasantes de cette Haute Majesté, qui inspire unepieuse crainte. C'est le fait de toutes les religions révélées,universalistes et universalisantes. Dans un hadith le Prophète Mohammedproclame cette consécration de l'unité et de l'universalitéde la religion révélée dit-il : 'Suivez les commandementsdu Coran et ajoutez à eux la Bible et l'Evangile, ainsi qu'àtout ce qui à été révélé auxprophètes et messagers antérieurs' (Tabarany dans son Jamiy).
Le Coran mecquois traite essentiellement de la foi nouvelle, en rappelantle monothéisme abrahamique, l'oeuvre des messagers d'Allah, lesterribles châtiments qui éprouvèrent les idolâtreset les récalcitrants, tout en érigeant les concepts générauxdu dogme mohammadien, dans leur développement temporel, permissifet prohibitif. Après l'hijra (exil) à Médine, le Coranérigeant, la première cité islamique, décrètele substrat juridique, administratif et sécuritaire, touten jetant, entre autres les fondements des rapports socio- économiques,du code personnel (matrimonial et successoral).
14- se référer à mon ouvrage " L'Islam etla morale universelle ", collection mission de l'Islam, vol. 111.
Le Jihad, guerre sainte pacifianteet unificatrice
L'Islam qui proclame l'universalisme abrahamique a, pourtant- dirait-oncombattu le christianisme, religion révélée. Pourquoine l'a-t-il pas fait au début, à l'encontre du judaïsme?La réponse réside dans le dogme même du Mosaïsmemonothéiste que le Coran vénérait. " 0 fils d'Israël,Rappelez-vous mon bienfait que je vous ai accordé et rappelez- vousque je vous ai préférés à vos contemporains!" (Sourate 11, verset 47). Au début de l'Islam, le Prophèten'a jamais combattu les chrétiens. Ses combats offensifs visaientles polythéistes et les idolâtres seuls. Mais, à laMecque avec les Arabes Qoreïchites, il envoya des émissairesauprès de certains empereurs de confession chrétienne, telCaesar et Najachy (Empereur dEthiopie); ce furent les chrétienssyriens qui déclarèrent la guerre contre le promoteur del'Islam, en assassinant certains parmi ceux qui avaient adopté spontanément,la nouvelle religion abrahamique. Le Prophète attaqué ainsi,indirectement, se vit dans l'obligation de réagir; il dépêchaà Mouta, cité syrienne, une expédition commandéepar Zeid Ibn Haritha, Jaâfar et Ibn Abi Rawâha. Ce fut la premièrebataille engagée contre les frères chrétiens, quele Prophète respectait, en tant que Gens du Livre sacré.Elle fut couronnée par la victoire du commandant suprême,Khalid Ibn El Walid. Le jihad consistait donc, dans une guerre défensive,contre l'agression, pour la protection d'une campagne pacifique, menéesans contrainte aucune, dans le cadre d'une liberté confessionnellepleine, et entière. Le Coran dit: "Combattez dans le chemin de Dieu,ceux qui vous combattent et n'agressez point " (sourate 11, verset 190)." Pas de contrainte en religion " (sourate 11, verset 250). L'histoirea rarement donné l'impression d'une spontanéité aussinette et agissante, dans la conquête pacifique des coeurs. " Jamaisl'Arabe- reconnaît E.F Gautier- dans toute l'ardeur de sa foi, n'asongé à éteindre dans le sang une foi concurrente."Si le musulman a prêché l'Islam, il s'est toujours abstenude faire pression sur le coeur.
Le sensuel et lapproche du Dieuréel
Nos sens des facultés permettent la perception des réalitésmatérielles. Un de ces sens consiste dans ce qu'on appelle le sensde connaissance spontanée intuitive. Le sens commun ou sixièmesens est un ensemble de jugements ou d'idées et concepts représentéspar un signe ou ensemble de signes, ayant pour essence une vision introspective,une sorte d'observation de la conscience, par elle-même. De là,cette osmose ou interpénétration de la matière etde l'esprit. Dans l'évolution de la science, l'idée d'antagonismeclassique du sensuel et du spirituel est fortement ébranlée;elle ne semble plus reposer sur un fond scientifique solide, à lasuite des travaux entrepris par d'éminents physiciens et chimistestels Lorentz, Einstein et autres. Le concept de complémentaritéentre faits jugés, jusqu'ici contradictoires, vient d'êtreintroduit dans les sciences physiques par W. Heisenberg et Niels Bohr,qui en font, désormais, l'une des lois fondamentales, permettantà l'homme d'accéder à la compréhension du paradoxal,sinon de l'incompréhensible. L'imaginaire s'efface, alors pour laisserpoindre le réel. C'est le dogme de la présence effectived'Allah, pas seulement à l'état d'idée ou de mot.Dans ce contexte, l'initié soufi aussi bien que le philosophe Bergsonien,orientent leur intellect, pour recevoir l'illumination des substances séparéesdans le miroir purifié de leur âme, s'élevant jusqu'àla compréhension intime du substrat de la réalitéagissante, Bergson (1859- 1941) s'oppose carrément au positivismescientifique du néokantisme, pour se livrer à l'analyse dela connaissance, à l'aide de concepts d'intuition et des donnéesimmédiates de la conscience. Là, Avicenne emploie le mêmelangage qu'Ibn Arabi, en précisant l'un et l'autre, que l'hommedans son élan spontané, non vicié par un discursifoutrancièrement virtuel, est apte à pénétreret vivre.
Quand Dieu relativise humainementla législation coranique
Allah dit dans le Coran : " Dieu abroge et maintient ce qu'il veut.Le germe du Livre est en lui " (sourate XIII, verset 40); d'autres versetsdéfinissent le but de cette abrogation: " Si, nous remplaçonsun verset par un autre, Dieu sait mieux que ce qu'il fait descendre" (sourate16, verset 101) " Dieu abroge ce qu'il veut ou le maintient et Il détientlécriture- mère (sourate 14, verset 39) " Chaque fois queNous abrogeons un verset ou que nous le laissons tomber dans l'oubli, Nousen apportons un meilleur ou un verset pareil. " (sourate 11, verset 106)Cette abrogation ou " Naskh " souleva d'ardentes controverses : ce seraitpour d'aucuns une faille dans le Coran qui décrète, puisse ravise. On a ainsi reproché à Mohammed de s'êtreorienté, d'abord, dans sa prière vers Jérusalem (àl'instar judéo-chrétien), ensuite vers la Mecque, en l'anIl de l'hégire. Ce nest la qu'un retour à la source abrahamiquedont le premier Temple est la Kaâba. " C'est à Dieu- dit leCoran- qu'appartient l'Orient et l'Occident " (sourate 11, verset 142).Une même tactique légiférante est opérée,quant à l'interdiction progressive de l'usage du vin. Allah savaitce qu'il voulait, mais Il a tenu compte de la faiblesse biologique deshumains, car il n'est pas aisé d'arrêter un alcoolique, enlui interdisant d'un seul coup de boire; une période de sevrage(désintoxication aujourd'hui) est nécessaire, pour éradiquercette accoutumance. La même attitude coranique a étéprise, vis-à-vis du prêt à intérêt, qu'onne saurait illégitimer, sans tenir compte d'un délai de grâceet de l'effet rétroactif. Ce ne fut pas le cas pour la prohibitiondirecte de la consommation du porc ou de l'interdiction du jeu. Une marquede la souplesse des lois révélées, pour les troisreligions, est l'appréciation du facteur évolutif des sociétéshumaines. Seul le dogme demeure invariable.
Corrélation judéo-christiano- islamique
Si l'islam avait pu, dès le XI siècle l'ère chrétienne,prendre la direction d'unmonde civilisé nouveau, instaurésur l'édifice délabré d'une Rome agonisante et dubigotisme ignorant des Byzantins, ce n'était pas à caused'une carence inhérente au christianisme originel, initiateur etrationnel, mais simplement sous l'impact d'une doctrine catholicisée,travestie qui fit sombrer la chrétienté dans un irrationnelfactice. Jésus, Moïse, et Mohammed, apôtres vénérés,furent les promoteurs d'une pensée créatrice, agissante surtous les plans. Il n'est qu'à feuilleter les Ecrits de l'un et desautres, leurs traditions révélées communes pour s'enapercevoir. Mais, les manipulations imaginatives de ces écrits élaboréessouvent sans arrière-pensée tendancieuse, en avaient faussél'idéalisme sublime, la transcendance et le rehaut de l'échellede leurs valeurs esthétiques et éthiques. L'Islam a faillisombrer à la fin du moyen âge, sous l'effet maléfiquedes sectes excentriques, comme le fut le christianisme et le judaïsme.Néanmoins, la pensée géniale de Moïse demeuregravée dans le coeur des musulmans. Mohammed le Messager d'Allaha dit: " On a fait défiler devant moi les communautés religieuses.Je vis, alors, un tel prophète et, avec lui moins de dix adeptes,un tel autre, avec un ou deux partisans et un tel autre, n'en ayant aucun.Tout à coup, on éleva vers moi une foule énorme etje crus que c'était ma communauté, mais on me dit : " VoilàMoïse et sa nation. " (hadith unanimement authentifié, rapportépar Ibn Abbâs). L'histoire comporte lassise humainement universelledes religions révélées, depuis la profonde Antiquité.On parle rarement du texte révélé au messager d'Allah,Noé, " deuxième père de l'humanité ".Grandfut l'impact de cette législation divine originelle sur le triorévélé (Bible, Evangile et Coran). Les lois ou commandementsnoachides sont révélés à Noé, aprèsle Déluge. Ils sont à l'origine des textes révélés(Genèse, chap.IX). Les 7 commandements prohibent l'idolâtrie,le meurtre, le blasphème, les interdits sexuels, le vol, la consommationde la chair vive d'un animal, et l'ordre d'instituer un systèmelégal. Elles ont anticipé les " dix commandements " donnéspar Yahvé à Moise, d'après l'Ancien Testament. Yahvéou Yaweh est le nom de Dieu dans la Bible hébraïque aprèsqu'il ne fut manifesté à Moise dans le buisson ardent, événementsignalé aussi dans le Coran. Antérieurement à la Bible,les livres appelaient Dieu Elohim. Des penseurs modernes comme MoïsesMendelssohn et Herman Cohen, tous deux de confession juive, précisent,à juste titre, que les commandements noachides sont " le fondementéthique rationnel humain ". Le Décalogue, ce sont les règlesde l'éthique universelle commune, décrétéepar les Ecritures saintes: la Halakhah, l'Evangile et le Coran. L'Ecritsacré judaïque a eu le plus grand effet idéalisant surl'humanité et ce, jusqu'à " Malachie " livre de la Bible,attribué au dernier des douze petits prophètes d'Israël,au V siècle avant Jésus (chapitre 11, verset 10). Il y acorrélation étroite entre les préceptes des textesrévélés ou des traditions et propos des apôtreset messagers. Le Prophète Mohammed dit : " Je suis contre tous ceuxqui ne paient point leur dû à l'ouvrier avant que sa sueurne se dessèche " " Que le salaire du journalier ne reste point pardévers toi, jusqu'au lendemain (Lévitique, chapitre XIX)" Ne cause point de tort au journalier pauvre et nécessiteux...le jour même tu lui remettras son salaire avant que le soleil nese couche " (Deutéronome chapitre XXIV, versets 14,17,19,21). D'autrepart, le Messager Mohammed a bien spécifié que la véritablefidélité (fond de toute servitude à Allah) résidedans le fait d'aimer son frère comme soi-même." (Lévitique,chapitre XIX). Zacharie proclama: " Rendez des jugements de vérité...N'opprimez pas la veuve et l'orphelin, l'étranger et le pauvre." (Rois, chapitre. 9 et 10). " Quand tu moissonneras, tu ne ramasseraspoint la glanure de ta moisson... tu ne recueilleras point les grains éparsde la vigne... Abandonne-les au pauvre et à l'étranger...Si un étranger vient séjourner avec toi, ne le moleste point,il sera pour toi comme un de tes compatriotes ... et tu l'aimeras commetoi- même (Lévitique, chapitre XIX, versets 9-10, 13, 15,33, 34). " Le jeûne que J'aime- dit le Seigneur: est de rompre leschaînes de l'injustice, de dénouer les liens de tous les jougs,de libérer ceux qu'on opprime, de briser, enfin, toute servitude,puis de partager son pain avec celui qui a fain, de recueillir dans tamaison les malheureux, sans abri, quand tu vois un homme nu de le couvrir,de ne jamais te dérober à ceux de ta chair (qui sont en détresse)(Issaie XVIII, verset 6 et 7). L'intérêt est le surplus ajoutéau capital prêté. Il est prohibé par tous les LivresRévélés Coran et Ancien et Nouveau Testament). Dansle Coran (sourate 2, versets 275-276, sourate de la vache, verset 279)L'Ancien Testament (livre de l'exode, chapitre 22, verset 25- livre Lévitique,chapitre 25, verset 35) Nouveau Testament ( Evangile Saint Luc, chapitre6, versets 34 et 35) Cette interdiction est motivée par des raisonsd'éthique sociale, dans le but de baser tout rapport socio-économique,entre les hommes, sur la nécessité d'une coopérationsaine, dégagée de tout égoïsme ou exploitationet où l'altruisme doit dominer. L'intérêt tend selonla conception islamo- judéo- chrétienne, à créerune classe nantie et inactive dont le capital pécuniaire grossitaux dépens des moins favorisés; l'effort déployépar le croyant, pour s'assurer honnêtement son gagne- pain, sansporter atteinte à autrui, est une marque de rectitude qui encouragel'esprit d'entreprise. L'Islam a toujours considéré les juifset les chrétiens comme frères; pour ce qui est des Nazaréens,détenteurs de la Bible, il suffit de citer la victoire rapportéesur eux, par la Perse polythéiste, à l'avènement dela religion mohammadienne, pour s'en convaincre; l'Islam se mit en deuil,il se voyait lui-même atteint, dans sa conviction de religion révélée.Maints publicistes et historiens hébreux se sont ingéniésà esquisser des fresques palpitantes sur cette fraternitémillénaire qui unit juifs et musulmans. Nous nous contentons d'enciter une seule, élaborée par le grand rabbin de la communautémarocaine de Pafa- Brésil, Abraham Hamou dit: " Les Arabes sontdes descendants d'Ismaél, fils du Patriarche Abraham et frèred'Isaac.... Le Judaïsme a offert au frère Ismaél pourparaphraser : "Le midrach (homélie talmudique), une perle précieuse,conservée par léternel, " deux mille ans avant la création": le Thora; Israël a transmis à la race d'Ismaél lemonothéisme que le peuple arabe a su garder, avec ardeur et abnégation,ce que le peuple d'Edom (traditionnellement, les chrétiens) n'ontpas su faire. C'est l'ardeur des mahométans dans la préservationdu monothéisme qui rit dire à Maïmonides: " il n'y apas un monothéisme aussi pur que celui de l'Islam." Ce sont lesArabes qui ont civilisé la fraction séfarade du Judaisme.En fait, quand l'Europe était plongée dans les ténèbresles plus profondes, l'islam mit à la disposition des juifs de l'Europeoccidentale et du Bassin Méditerranéen, les plus beaux produitsde la pensée humaine. Les juifs de l'Europe centrale et orientalequi ne furent pas conquis par les Arabes, stagnaient, à cotéde leurs voisins chrétiens. La branche séfarade évoluaitd'une manière fantastique, donnant au monde une pléiade degénies, dans toutes les branches de la pensée humaine. Iln'y a plus de doute que, sans la présence des Arabes dans la péninsuleibérique, ni Maimonides, ni Judah Halevi, ni Salomon Ibn Ezra etautres nauraient existé. L'assimilation de la culture arabe parnos célèbres maîtres, fut profonde et complète.Les chercheurs qui ont réellement assimilé aussi bien, laculture hébraïque des siècles X, XI, XII, XIII, XIV,connaissent très bien cette vérité, hélas bienmoins connue qu'elle ne devrait l'être, étant donnéqu'il est plus fréquent de trouver des érudits qui dominentuniquement une de ces cultures, tandis que ceux qui dominent les deux àla fois, sont peu nombreux. Il serait convenable d'insister d'une manièrespéciale, sur ce que le judaïsme doit à la culture arabe,en matière de philologie: en prenant comme modèle la grammairearabe nos gramairiens sépharades modernisaient et rationalisaientles travaux de l'école de Tibériade, ce qui permit aux Sépharadesde conserver la pureté initiale de la langue hébraïque,ce qui n'arriva pas chez les ashkénazes orientaux. Le Saint Coranqui reflète les pensées de Moïse a su tirer des ténèbresdes centaines de millions d'êtres humains, de l'idolâtrie etde la superstition, est un modèle d'éthique.
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