ERROR MSGConférence du Pr. Abdelaziz BENABDALLAH
Le savant Pr. Abdelaziz BENABDALLAH vient de donner une conférenceau Niger, sur "Le planning familial et les droits de la femme en islam". En rappelant la place privilégiée accordée parlislam à la femme, il explique les conditions de contraceptionen Islam, étroitement liées au respect de la plénitudede la personnalité féminine, et au niveau d'instruction detoute la société.
Article de Bouchra LAHBABI
Lillustre savant marocain Pr. Abdelaziz BENABDALLAH, "Hommescientifique international de l'année 1997-1998" (Nomination duCentre bibliographique de Cambridge) a été invitéen ce novembre, à éclairer de son savoir le colloque sur"La population et la femme" organisé par le FNUAP à Niamey(Niger). Grande figure de la pensée arabo- musulmane contemporaine,brillant analyste de ses prédécesseurs, juriste, historien,théologien, écrivain auteur d'une cinquantaine d'ouvrages,membre des plus prestigieuses académies du monde arabe, Pr. BENABDALLAHreprésente le savant accompli multidisciplinaire comme il en futpar le passé à l'apogée des grandes civilisations.Les voies qui l'ont conduit à son inestimable niveau d'éruditionet de sagesse ont été celles de l'Islam qui commande la recherchede la science, du patriotisme qui incite à défendre son authenticité,sa culture et ses origines, de l'ouverture sur le monde qui aiguise l'ouvertured'esprit, de l'humilité qui prédispose à recevoirtoujours plus de richesse intellectuelle et spirituelle.
Dans son vaste champ de pensée, Pr. BENABDALLAH a toujours accordéune place toute privilégiée à la question de la femme.Il est merveilleux d'observer comment c'est une telle clairvoyance chezun homme qui lui permet de reconnaître à la nature fémininedes qualités exceptionnelles, un ultime raffinement de capacitéshumaines qui portent à l'élévation.
ERROR MSGIl n'est que de considérer par exemple, comment le Pr. BENABDALLAHexplique cette phrase du Coran: "Annisae nakisatou aklin oua din". Celasignifie que la femme est douée d'une faculté supérieureet beaucoup plus sophistiquée que la raison, qui n'existe quàun faible degré chez l'homme, et qui est l'intuition, explique Pr.BENABDALLAH. Quand à l'éventuelle insuffisance de religion,elle est compensée par la puissance de la foi, et ainsi la femmeest plus facilement pardonnable... N'est-ce pas un privilège?".
Lintervention du Pr. BENABDALLAH au colloque de Niamey a portéparticulièrement sur "Le planning familial et les droits de la femmeen Islam". Il introduisit cette conférence par le rappel du consensusgénéral de tous les Imams de la communauté islamique,étayé par la charia", qui "met en exergue les droits inaliénablesde la femme", et qui repose sur le fait que "le Coran et les hadiths authentiqueslui reconnaissent des capacités et des droits inconditionnels danstoute gestion d'ordre civil, socio-économique et personnel". Sansoublier, ajoute-t-il, que "la majorité des ulémas s'accordentsur le point que les versets coraniques relatifs aux droits de l'hommeconcernent également la femme, sauf contre-indication formelle".Il cite aussi le verset 23 de la Sourate de la Lumière: "Ceux quicalomnient des femmes honnêtes, insouciantes et croyantes, serontmaudits, en ce monde et dans la vie future; ils subiront un terrible châtiment".
ERROR MSGPuis, avant denchaîner sur la procréation qui correspondau vif du sujet de sa conférence, Pr. BENABDALLAH évoquele lien sacré du mariage qui assure la moitié de la foi,en précisant que "la monogamie est le seul système qui doit(d'après les normes de l'Islam) s'adapter à certains conceptset exigences d'ordre socio-économique", avec le Verset 3 de la Souratedes Femmes à l'appui: "Si vous craignez d'être injustes, n'épousezqu'une seule femme". Et de souligner la recommandation du Prophète:"celui qui a le meilleur comportement envers son épouse est le meilleurdes hommes". Pr. BENABDALLAH indique ensuite que tous les actes abusifsà l'encontre de la femme sont prohibés (violence, coercitionet exploitation sexuelles, pratiques génitales à risque).Et, saisissant cette occasion de se trouver devant un auditoire importantvenu d'Afrique noire, où l'excision est largement pratiquée,Pr. BENABDALLAH insiste sur le fait, en citant un hadith rapportépar Boukhari, que "toute mutilation est, entre autres, tout à faitillicite", et que "la plénitude de la personnalité de lafemme est unanimement reconnue".
Bohinjsko Jezero prenotazioni alberghiA propos des droits de la femme en matière de divorce, Pr. Benabdallahinvoque celui qui lui permet de décider unilatéralement dudroit de divorce, en cas d'incompatibilité d'humeur, si elle enfait clause dans son contrat de mariage, et ce, d'après l'avis formeldu Khalif Omar Ibn El Khattab, rapporté par la "Mouatta" de l'ImamMalik. A ce propos l'éminent conférencier préciseque le rite malékite est un système juridique qui régitla majorité de la terre africaine. Quant au mariage dit "Mout'a"(plaisir),poursuit- il, il est interdit (Boukhari), car c' est un acte oùla femme n'a pas les mêmes droits que ceux dont le contrat de mariagecomporte tous les droits et avantages d'une union nuptiale normale. "Leprophète n'a cessé, ainsi, de mettre en évidence,l'éminence de la personnalité féminine, déclarele Pr. Benabdallah (... ). La position de l'Islam à l'égardde la femme s'avère d'autant plus méritoire, qu'il n'a guèrehésité à faire éclater les régimes rigideset uniques qui assimilaient le sexe à un vil bétail danslempire romain, la femme était une simplette"; dans ce contexte,la femme a droit à la maternité et le mari ne saurait, enprincipe, l'en priver, si ce n'est avec son consentement. (... ). "Unissez-vous,procréez, dit le Prophète. Je me glorifie de vous (de votrenombre) parmi les peuples, le Jour du Jugement". Ce hadith se situe dansun cadre spécifique où le potentiel humain de l'Islam, autemps du Prophète, dépassait de Peu une centaine de milliersde Musulmans.
Blankenberge luxury hotels"A l'époque, les croyants, pour éviter une procréationinopportune, pratiquaient le azl ou coït interrompu, admis par l'Islam".Pr. Benabdallah cite un hadith rapporté du compagnon du ProphèteJâbir Ibn Abddallah, par Moslim et Boukhari affirmant que le 'azlétait pratiqué du vivant de l'Envoyé d'Allah, en pleinepériode de la Révélation coranique, ce qui impliquedonc l'admission de l'acte part le Coran. Puis il confirme que les quatrerites juridiques (malékite, hanbalite, hanafite et chafiite) sontunanimes à proclamer, d'après ces hadiths, que le azl estbien licite, en respectant certaines conditions. "Il nécessite leconsentement formel de l'épouse, sauf en cas de force majeure; parailleurs la pratique du azl est individuelle, pour des raisons plausiblesdont la limitation des naissances (selon l'Imam Bouty). Il ne constitueguère une règle de base, car l'interruption volontaire généraliséede la grossesse risque d'aboutir à une dénatalité.Le problème ne se pose nullement alors pour des pays où l'explosiondémographique constitue un risque socio-économique. D'aprèsGhazali, le azl peut être pratiqué pour éviter desangoisses ou des difficultés causées par la famille nombreuse.La pratique du 'azl fut taxée, par les Israélites du Hijâz,du temps du prophète, de "petit génocide". Celui-ci réfutaleur prétention (hadith rapporté par Ibn Hanbal et Abou-Daoud)".Partant de cette légitimité du azl, Pr. Benabdallah estimeque rien n'empêche de pratiquer un des substituts préconiséspar la médecine moderne (pilule contraceptive, stérilet etautres). "Car une interruption brusque du coit risque de provoquer chezl'homme et la femme un choc psychologique susceptible de dégénéreren dépression nerveuse', indique Pr. Benabdallah.
Il passera ensuite à la question épineuse de l'avortement.En dehors du fait qu'il soit obligatoire en cas de danger pour la femmeenceinte, dont la grossesse risque de porter grave atteinte à sasanté ou de lui coûter la vie, le Professeur met en reliefle "hadith authentique rapporté par Tabarâni, qui précisebien qu'une première cellule foetale est conçue dèsla première semaine, et comme le démontrent les recherchesmédicales modernes, c'est l'âme cellulaire". L'avortement,même les premiers jours de grossesse, est donc un crime.
Ainsi, pour conclure, Pr. Benabdallah affirme que l'efficience de toutecontraception doit tenir compte notamment des conjonctures du milieu etdes critères socio-économiques. "De même, dit-il, toutplanning demeure inopérant dans un milieu non éduqué,qui n'est pas à la hauteur de ses responsabilités familialeset nationales. C'est pourquoi l'Islam considère l'analphabétismecomme un handicap impérieux et tient à généraliserune éducation adéquate, parmi les deux sexes. Un exemplede Aïcha, épouse du Prophète, est une preuve vivante.(... ) L'islam reconnaît ainsi, comme assise structurelle, la miseà niveau du système éducatif et du processus démographique,pour éviter de désorganiser les bas-fonds de la société".
Home Page - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - | - |